Vendredi
Down (Mainstage 01 – 20h50-21h50)
Je ne suis pas un grand expert en stoner, mais j'attendais Down au tournant, ayant découvert le groupe avec le très bon Over the Under. Je n'étais d'ailleurs pas le seul à les attendre à la vue du nombre de tee-shirts à leur effigie qui était de sortie. Et puis il faut dire aussi qu'avec à sa tête deux ex-Pantera, et en particulier un certain Phil Anselmo, l'affiche ne peut être qu'alléchante. Ayant aperçu Anselmo lors de la séance de dédicace plus tôt dans la soirée, j'ai pu m'apercevoir qu'il avait retrouvé la forme, chose qu'il nous démontra sur scène. C'est sûr, Anselmo est un putain de frontman, de plus il a retrouvé de sa voix. Même si je trouvais que le son était bizarre, les compositions accrochaient bien, les gros riffs crachés faisaient inlassablement headbanguer l'audience à l'image de The Path, puis le public reprenait en c½ur les paroles comme sur On March The Saints. Du gros son made in USA, plus précisément qui sent le sud des States, une grosse mandale comme on aime en prendre.
Entombed (Hard Rock Tent – 20h00-20h45)
Place aux pionniers du Swedish death metal! Entombed débarque pour nous assener avec son death metal crasseux et groovy. Pour dire vrai, étant donné que je ne suis pas arrivé très tôt sur le site, Entombed est le premier groupe dont j'ai pu suivre l'intégralité de leur prestation. Et on peut dire que ça fait du bien de se poser un peu face à des piliers du death metal. Et grande fut ma satisfaction lorsque les morceaux de l'album Clandestine ont fait leur apparition. Tout cela donne envie de se replonger dans leur discographie. Et ce qu'il y a d'agréable avec Entombed c'est leur bonne humeur et la communication avec le public, ce qui peut parfois étonné pour un groupe de style. Un show bien agréable.
God Seed (Hard Rock Tent – 23h55-00h55
Satan était présent en ce premier soir de festivité, avec God Seed. Ces Norvégiens ne sont autres que les ex-Gorgoroth en les personnes de Ghaal et King ov Hell, qui ayant perdu leur bataille juridique face à Infernus ont été obligés de reprendre leurs activités sous un nouveau nom. Un nouveau nom, certes, mais leur black metal reste celui de Gorgoroth, et l'ambiance aussi. A propos de l'ambiance justement, outre le fait qu'il n'y ait aucune communication avec le public, nous avons eu le droit a une mise en scène des plus grotesques comme ils ont eut pour habitude de le faire lors d'un concert après lequel la Pologne s'est indignée. Bon je n'ai pas vu de têtes de mouton ou de porc, mais en tout cas il y avait deux grandes croix où étaient crucifiés d'un côté de la scène un homme, et de l'autre une femme, tout deux ayant la tête couverte. Et je peux vous assurer que ce n'était pas de vulgaire mannequin en plastique. Bon c'était vraiment true black metal quoi ! Bref au moins l'ambiance lugubre était présente, à chacun de la prendre au degré qu'il le souhaite. Ghaal nous gâte toujours autant avec sa palette de voix d'outre tombe en fixant hypnotiquement le public. Le verdict est que God Seed c'est Gorgoroth et rien d'autre, n'en déplaise aux fans. Puis il faut dire que l'enchainement final Carving a Giant – Sign of an Open Eye – Prosperity and Beauty, tout 3 tirés de Ad Majorem Sathanas Gloriam, sans doute l'album le plus brutal du groupe, était magistral. Comme à son habitude, le groupe quitte la scène aussi rapidement qu'un blast beat, sans un rappel, jamais.
Parkway Drive (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)
N'étant décidément pas fan de Motley Crue, même si je ne démens pas leur talent et l'impact qu'ils ont pu avoir sur une grande partie d'entre nous, je décide d'aller m'essayer à un tout autre style avec lequel ça passe mieux. Arrivant au milieu de leur set, la mandale est cash. Parkway Drive joue un metalcore ultra-efficace. Alors même si on sait que ce genre de formations pousse comme de la mauvaise herbe, on peut avouer que la prestation scénique des Australiens était très énergique, avec le son qui fallait et qui donnait toute la puissance à leur metalcore. On pouvait ressentir les déflagrations de basse lors des breaks comme un souffle. Je ne suis pas convaincu que la musique de Parkway Drive rende la même chose sur album. En tout cas sur scène ça envoit sérieusement du bois, et puis surtout ça défoule. Les cervicales ont pris un coup dès le vendredi soir.
Samedi
Trepalium (Mainstage 02 – 11h00-11h30)
Deuxième jour de festivité qui s'ouvre avec les gars de Trepalium. On ne les présente plus désormais, le groupe ayant traversé la France cette année aux côtés de Gojira. Et il est clair que le fait d'ouvrir pour leurs compatriotes, les a largement aidé à se faire connaitre davantage et à promouvoir leur dernier album : XIII. Alors bien sûr leur set va être majoritairement orienté sur ce dernier, ouvrant d'ailleurs sur Daddy's Happy. Et d'entrée on sent qu'ils ont pris en aisance, et même s'ils ouvrent sur une des scènes principales du fest, cela ne les empêchent pas de se sentir à l'aise, alors qu'il y a trois ans encore le groupe jouait sous le chapiteau de la discover stage. Trepalium c'est à la fois lourd, brutal, et jazzy. Ca groove quoi !
Devil Driver (Mainstage 01 – 15h55-16h35)
Tous metalleux qui se respecte a forcément jeté un jour ou l'autre une oreille sur la musique de Devil Driver. Pour ma part je connaissais qu'un morceau du groupe, le très bon Hold Back The Day, que nous avons bien sûr eu le droit. L'impression qui en ressort c'est que Devil Driver ça dépote autant en live que sur album. L'occasion de la venue des Américains était de promouvoir leur prochain album : Pray For Villains. Dez Fafara est un excellent frontman qui sait faire bouger son public comme il se doit. La preuve, il y a eu deux gros circles pit pendant la petite demi-heure de show, une nouvelle occasion de bouffer la poussière et d'obstruer l'objectif de l'appareil photo.
Gojira (Mainstage 01 – 20h50-21h50)
La venue du groupe phénomène français au Hellfest était absolument immanquable, que l'on soit fan du groupe ou pas. Ce soir était l'occasion de découvrir l'incroyable puissance scénique du groupe pour ceux qui n'avait encore jamais eu la chance de voir Gojira, et par ailleurs de se prendre une énorme mandale. Ayant eu l'opportunité de voir les Landais durant leur récente tournée aux côtés de Trepalium, je peux dire qu'il n'y a pas eu de réelles surprises pour ma part, la set-list étant la même. Toujours étant que j'ai pu prendre mon pied et me défouler comme il se doit. Alors bien sûr la set-list était largement orienté sur The Way of All Flesh, mais beaucoup aussi sur le gigantesque From Mars to Sirius. Les 4 français sont en grande forme depuis leur retour des States, et charrient d'ailleurs l'audience du Hellfest par rapport au public d'outre-Atlantique. Mario est toujours aussi impressionnant derrière ses fûts comme en témoigne The Art of Dying, et Jean Michel est toujours aussi énergique surtout quand vient la mosh part de Flying Whales où la basse valdingue dans tout les sens. On ne le répétera jamais assez, mais c'est sûr, Gojira est le groupe metal français par excellence à ce jour, et jouer devant un parterre de plus de 10 000 personnes ne leur fait plus peur. Attention, Gojira est vraiment décidé à tout écraser sur son passage !
Machine Head (Mainstage 01 – 22h50-23h50)
Machine Head était surement l'un des groupes que j'attendais le plus avec Gojira. Pour quelles raisons ? Parce que la baffe qu'ils m'avaient filés avec The Blackening est toujours présente, et puis j'avais vraiment pris mon pied lors du Hellfest 2007 même si le concert s'était déroulé sous la pluie et les pieds enfoncés dans la gadoue. Ce soir Machine Head était parmi les têtes d'affiche de la soirée, ce qui promettait un super show. Et sincèrement, cela à vraiment été le cas. Entrer en scène avec l'intro musicale habituelle (écouter Hellalive), le groupe enchaine directement avec Beautiful Mourning. L'accroche est cash, Machine Head va tout faire exploser ce soir. L'album Through The Ashes of Empires ne sera pas oublié et sera même à l'honneur avec un Imperium de haute volée et un absolument magnifique Descent the Shades of Night où les briquets seront de sortis et où l'audience frappera en rythme dans les mains tout du long du morceau. Machine Head nous gratifie d'un monstrueux Halo, mais maintenant que The Blackening est sorti depuis plus de deux ans, les américains sont moins axés sur ce dernier et ont décidé de varier leur set en sachant bien que leur discographie est composée de véritable hit. Alors forcément, l'album Burn My Eyes sera là pour agiter les plus anciens d'entre nous avec le toujours destructeurs Davidian où le très sautillant Old. Il est clair que ce soir Machine Head a retourné le Hellfest avec sa puissance de feu et prouve une fois de plus que c'est un groupe fait pour la scène et faire bouger les foules. Mon seul regret : c'était trop court, beaucoup trop court !
Killing Joke (Mainstage 02 – 23h55-00h55)
Ce samedi soir était l'occasion pour les plus jeunes d'entres nous de découvrir un groupe vraiment à part et malgré tout en tête d'affiche du festival. Car en réalité, Killing Joke a influencé une grande partie des groupes actuels. Les britanniques était un peu comme des OVNI ce soir, et même si le public était nombreux (en partie peut être parce Manson jouait après eux), j'ai eu l'impression que pas mal de personne n'accrochait pas. Pour ma part, j'ai plutôt était emballé par la musique de Killing Joke, en total décalage avec le reste des groupes jouant ce week-end. Le groupe a su varier les style et nous a replongé avec bonheur dans la new-wave, le rock, l'indus, et le punk des 80's. Et puis il faut avouer que le charisme du 'sieur Jaz Coleman y est pour beaucoup, littéralement hypnotisant de bout en bout. L'ensemble du concert peut se traduire de cette manière : hypnotique, envoutant, étonnant. Pour être sincère, je ne connaissais absolument pas le groupe avant ce soir, et là découverte fut vraiment surprenante et intéressante, même si ce ne fut pas le cas pour tout le monde apparemment. Cependant, beaucoup sont restés tout de même attentifs, ce qui prouve que l'ouverture d'esprit est plus que présente au sein de la communauté metal.
Marylin Manson (Mainstage 01 – 01h00-02h00)
Pour être sincère d'entrer de jeu avec vous, je ne suis pas fan mais alors pas fan du tout de Marylin Manson. Donc à la base, j'assistais au concert du groupe comme un simple spectateur ayant envie de découvrir ce que cela donne sur scène, enfin surtout pour le personnage emblématique à sa tête. Car on peut se l'avouer, Manson est quand même quelqu'un ! Après pour être direct, je me suis fait chié comme un rat mort tout du long du concert, et sans mentir j'ai failli m'endormir ! C'était peut être aussi la fatigue de la journée, mais j'avais du mal à garder les yeux ouvert pendant un moment. Parce que déjà musicalement, Manson s'est vraiment pas ma came du tout et puis le show était nul. Au-delà de l'aspect musical, qui même s'il n'est pas ma tasse de thé, on peut dire que la mise en scène est sympa, parfois grotesque, mais originale. C'est peut être ça qui m'a permis de ne pas m'endormir. Mais à part ça, j'ai pas trouvé ça terrible du tout, une médiocrité qu'a surement ressenti Manson puisqu'à un moment il s'est énervé et a balancé son matos parce que son guitariste n'arrivait pas à ressortir le riff d'un des morceaux. Pour un show qui ne devait laisser personne indifférent, c'était plutôt raté. Même si je n'attendais rien de particulier de la part des américains, je n'ai pas été emballé pour un sous par leur prestation. Le coche est manqué messieurs.
Dimanche
Hacride (Rock Hard Tent – 11h00-11h30)
Il est clair que pour moi, le dimanche commence bien. Ouvrir ce dernier jour de festivité avec les excellents Hacride était vraiment judicieux. Les ayant découvert sur scène il y a quelques années à l'époque d'Amoeba, j'attendais impatiemment de pouvoir les revoir et saisir l'opportunité de découvrir leur dernier méfait : Lazarus. L'intégralité de leur set était d'ailleurs axer sur Lazarus, une manière efficace d'en faire la promotion. La musique d'Hacride c'est à la fois de la puissance et des ambiances enivrantes, une musique qui explose et prend toute sa dimension sur scène. On ressent bien que leur musique s'est justement un peu « assagi », enfin disons qu'elle est un peu moins brutale qu'à l'époque d'Amoeba. Hacride a encore prit en maturité, a évolué et fait évoluer sa musique avec lui. Beaucoup plus atmosphérique, avec des envolés presque post-core, le dépaysement est total, le voyage magique. Même si la prestation est (trop) courte, Hacride prouve ici sa place d'étoile montante de la scène metal française, et m'aura donné l'envie de découvrir plus en détail Lazarus. Et je peux désormais dire qu'il est excellent.
White Chapel (Terrorizer Tent – 11h35-12h05)
Difficile de revenir à la réalité après la prestation délivrée par Hacride. Je décide alors d'enchainer sur un groupe qui m'est inconnu, car il y a parfois du bon dans les découvertes. Le nom du groupe, Whitechapel, fait référence au quartier londonien où a sévit le célèbre serial-killer Jack l'éventreur. Les américains évoluent dans un deathcore des plus banals. Efficace, la maitrise est là, le son adapté à la puissance du genre, le chant plus que guttural, mais bon voilà ça reste du metalcore sur laquelle il n'y a pas vraiment d'onces d'originalités. Une découverte sympa, mais pas transcendante.
Keep Of Kalessin (Rock Hard Tent – 13h40-14h20)
Ce n'était pas la première fois que je voyais les Norvégiens de Keep of Kalessin, mais malgré tout l'envie de les revoir était plus que présente. Il faut dire que leur black metal très thrash est vraiment efficace, déjà sur album, et cette efficacité prend forme sur scène. Le point que l'on retient en particulier c'est la force de frappe, la précision et la rapidité de Vyl derrière sa batterie. C'est une vrai machine de guerre ! Alors bien sûr le set est axé sur leur dernier et très bon album Kolossus, mais Armada n'est pas passé à la trappe, loin de là. Et ce pour le plus grand plaisir des fans. A la vue de la prestation des Norvégiens, il est clair que Keep of Kalessin s'est désormais fait une place au sein de la scène black metal, et une place parmi les meilleurs.
Wolves In The Throne Room (Terrorizer Tent – 14h25-15h05)
Le Hellfest est l'occasion de faire des découvertes, qui sont après plus ou moins surprenantes. C'était le cas avec les américains de Wolves In The Throne Room. Encore un nom à rallonge me direz vous. Remarquez, celui-ci va bien avec la longueur de leur morceau. Et pour dire vrai, j'ai eu du mal à rentrer dans le set des américains. Car en fait le black metal de WITTR est assez particulier, peut être même novateur. Alors que certains auditeurs peuvent justement rebuter sur les classiques parties de blast beat fidèle au genre, ceux-ci peuvent se raccrocher au set grâce aux breaks atmosphériques. On ne peux pas vraiment dire que l'on a à faire à un black metal atmosphérique ; j'oserais dire que le black metal de WITTR est justement teinté d'une certaine nappe postcore à l'écoute des superbes mélodies qui enivrent les breaks. Le public est d'ailleurs super réceptif à la musique du combo et les acclamera de la meilleure des manières, même si le groupe n'adressera aucun mot à l'audience. Que voulez-vous, c'est la sociabilité de la scène black metal.
Ufomammut (Terrorizer Tent – 15h55-16h35)
C'est avec une totale curiosité que je me rend au concert de Ufomammut, groupe Italien sludge / doom mené par 3 gars. Malheureusement pour eux le set commence avec des problèmes techniques au niveau des guitares, en particulier sur la basse qui se révèle au premier abord ultra-poussée. Après quelques minutes de rectification, le groupe reprend, vivement encouragé par le public. C'est lourd, très lourd, ça vibre dans les tripes et c'est à la fois lancinant avec cette touche psychédélique. Un mélange des style qui prend bien, le public est très réceptif et se laisse transporter sur le tapis tissé par les Italien. Celui-ci le rendra bien au groupe à la fin du set, ressortant de la tente à la fois apaisé et les oreilles bourdonnantes.
Napalm Death (Rock Hard Tent – 18h15-19h00)
C'est juste après le Happy Hours Jack Daniel's que nous nous rendons rapidement sous la Hard Rock Tent avec mon collègue Chaosbc pour assister au show de Napalm Death... avec nos 3-4 verres de Jack à la main. Forcément on arrive un peu énervé, alors que Napalm Death vient tout juste de commencer à blaster sur un morceau de son Time Waits For No Slave. Pour une personne normale qui écoute sa petite pop-music, Napalm Death n'est que du bruit. Mais dans la réalité, la musique de Napalm Death est tout autre, car en plus d'être extrême elle est technique, fait qui prend tout son sens sur scène. Les anglais sont franchement impressionnants, Barney toujours au bord de la syncope est monté sur pile électrique. L'énergie dégagée est telle que le pit est furieux, surtout quand arrive Suffer the Children. Tellement le pit bouge, je me sens dans l'obligation de ranger tout mon matos bien à l'abri dans mon sac et de faire sauter le tee-shirt à cause de la chaleur. Et on peut dire que j'ai eu le nez fin car à la fin du show je me suis fait surprendre par Chaosbc qui m'envoya slammer sans que j'ai le temps de calculer quoi que se soit. Plus qu'une déflagration sonore, Napalm Death c'est aussi une déflagration de corps qui s'entrechoquent dans le pit. Eprouvant !
Mastodon (Mainstage 02 – 20h00-20h45)
J'avouerais qu'au moment du concert de Mastodon, j'ai eu un coup de barre monumental, la fatigue de ces 3 jours de festivité commençant à peser. Alors certes j'étais impatient de pouvoir voir Mastodon, mais je planais plus que je ne suivais le show. J'ai souvent entendu dire que les américains n'avaient jamais un son terrible, et que leur prestation n'était pas vraiment exceptionnel. Bon vous me direz qu'avec un style aussi particulier, le rendu n'est peut être pas vraiment le même en live que sur album. Pour tout dire, le son n'était pas vraiment mauvais, la prestation pas vraiment mauvaise, mais par contre il est vrai que l'ensemble de la prestation n'était pas non plus exceptionnelle. Surtout que le groupe ne communique absolument pas avec le public, un point qui m'a un peu dérouté. Voila j'ai eu l'impression que le groupe est venu jouer pour défendre rapidement son dernier album (Crack the Skye), pour faire des petits rappels des albums précédents et puis c'est tout. En définitive, Mastodon en live m'a laissé perplexe, c'était sympa mais vraiment sans plus. J'espère juste que ce n'est pas la fatigue qui m'a donné cette impression là, mais en attendant moi je retourne me faire péter un petit Blood Mountain.
Brutal Truth (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)
Manowar a beau être le tête d'affiche de ce festival d'exception, franchement quand ça passe pas, ça passe pas. Du coup j'avais vraiment envie de me prendre une sérieuse déculottée, à proprement dit d'écouter un truc de mec, mais de vrai mec. Alors quoi de mieux que de clôturer le festival par les légendes du grindcore New-Yorkais ! Le coup de masse avait déjà été ultra-violent avec Napalm Death un peu plus tôt dans la soirée, et là Brutal Truth m'a mis le même en pleine face. Ces mecs maitrisent leur art totalement débridé à la perfection et sont vraiment du même niveau que leur collègues anglais. Un set d'une folie hallucinante, un son ravageur, des rythmiques d'une extrême violence, du pur grind quoi. Richard Hoak, derrière ses fûts est tout simplement impressionnant, avec ses incessantes alternances de rythmiques absolument démentielles, franchement dur de le suivre. 2h00 du matin sonnant, alors que les membres s'apprêtent à quitter la scène, Hoak est hors de lui et continue et continue de marteler sa batterie, on sent qu'il ne veut pas en rester là. Du coup ils improvisent, en cherchant rapidement les notes. L'énergie dégagée par Brutal Truth est impressionnante, Kevin Sharpe se mettant violemment le micro dans la gueule à plusieurs reprises. Voilà ce qu'on appel un show complètement barré et franchement pour clôturer le Hellfest ça fait du bien de se défouler même si la fatigue est plus que présente. Surtout qu'il a fallu se retaper plus d'une demi-heure de Manowar après.
Retrouvez ce Live Reports dans son intégralité, ainsi que ceux de mes collègues de Metal Sickness (Vin's et Chaosbc et plus de 1 600 photos sur cette page
Photos : Hatebreed
Down (Mainstage 01 – 20h50-21h50)
Je ne suis pas un grand expert en stoner, mais j'attendais Down au tournant, ayant découvert le groupe avec le très bon Over the Under. Je n'étais d'ailleurs pas le seul à les attendre à la vue du nombre de tee-shirts à leur effigie qui était de sortie. Et puis il faut dire aussi qu'avec à sa tête deux ex-Pantera, et en particulier un certain Phil Anselmo, l'affiche ne peut être qu'alléchante. Ayant aperçu Anselmo lors de la séance de dédicace plus tôt dans la soirée, j'ai pu m'apercevoir qu'il avait retrouvé la forme, chose qu'il nous démontra sur scène. C'est sûr, Anselmo est un putain de frontman, de plus il a retrouvé de sa voix. Même si je trouvais que le son était bizarre, les compositions accrochaient bien, les gros riffs crachés faisaient inlassablement headbanguer l'audience à l'image de The Path, puis le public reprenait en c½ur les paroles comme sur On March The Saints. Du gros son made in USA, plus précisément qui sent le sud des States, une grosse mandale comme on aime en prendre.
Entombed (Hard Rock Tent – 20h00-20h45)
Place aux pionniers du Swedish death metal! Entombed débarque pour nous assener avec son death metal crasseux et groovy. Pour dire vrai, étant donné que je ne suis pas arrivé très tôt sur le site, Entombed est le premier groupe dont j'ai pu suivre l'intégralité de leur prestation. Et on peut dire que ça fait du bien de se poser un peu face à des piliers du death metal. Et grande fut ma satisfaction lorsque les morceaux de l'album Clandestine ont fait leur apparition. Tout cela donne envie de se replonger dans leur discographie. Et ce qu'il y a d'agréable avec Entombed c'est leur bonne humeur et la communication avec le public, ce qui peut parfois étonné pour un groupe de style. Un show bien agréable.
God Seed (Hard Rock Tent – 23h55-00h55
Satan était présent en ce premier soir de festivité, avec God Seed. Ces Norvégiens ne sont autres que les ex-Gorgoroth en les personnes de Ghaal et King ov Hell, qui ayant perdu leur bataille juridique face à Infernus ont été obligés de reprendre leurs activités sous un nouveau nom. Un nouveau nom, certes, mais leur black metal reste celui de Gorgoroth, et l'ambiance aussi. A propos de l'ambiance justement, outre le fait qu'il n'y ait aucune communication avec le public, nous avons eu le droit a une mise en scène des plus grotesques comme ils ont eut pour habitude de le faire lors d'un concert après lequel la Pologne s'est indignée. Bon je n'ai pas vu de têtes de mouton ou de porc, mais en tout cas il y avait deux grandes croix où étaient crucifiés d'un côté de la scène un homme, et de l'autre une femme, tout deux ayant la tête couverte. Et je peux vous assurer que ce n'était pas de vulgaire mannequin en plastique. Bon c'était vraiment true black metal quoi ! Bref au moins l'ambiance lugubre était présente, à chacun de la prendre au degré qu'il le souhaite. Ghaal nous gâte toujours autant avec sa palette de voix d'outre tombe en fixant hypnotiquement le public. Le verdict est que God Seed c'est Gorgoroth et rien d'autre, n'en déplaise aux fans. Puis il faut dire que l'enchainement final Carving a Giant – Sign of an Open Eye – Prosperity and Beauty, tout 3 tirés de Ad Majorem Sathanas Gloriam, sans doute l'album le plus brutal du groupe, était magistral. Comme à son habitude, le groupe quitte la scène aussi rapidement qu'un blast beat, sans un rappel, jamais.
Parkway Drive (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)
N'étant décidément pas fan de Motley Crue, même si je ne démens pas leur talent et l'impact qu'ils ont pu avoir sur une grande partie d'entre nous, je décide d'aller m'essayer à un tout autre style avec lequel ça passe mieux. Arrivant au milieu de leur set, la mandale est cash. Parkway Drive joue un metalcore ultra-efficace. Alors même si on sait que ce genre de formations pousse comme de la mauvaise herbe, on peut avouer que la prestation scénique des Australiens était très énergique, avec le son qui fallait et qui donnait toute la puissance à leur metalcore. On pouvait ressentir les déflagrations de basse lors des breaks comme un souffle. Je ne suis pas convaincu que la musique de Parkway Drive rende la même chose sur album. En tout cas sur scène ça envoit sérieusement du bois, et puis surtout ça défoule. Les cervicales ont pris un coup dès le vendredi soir.
Samedi
Trepalium (Mainstage 02 – 11h00-11h30)
Deuxième jour de festivité qui s'ouvre avec les gars de Trepalium. On ne les présente plus désormais, le groupe ayant traversé la France cette année aux côtés de Gojira. Et il est clair que le fait d'ouvrir pour leurs compatriotes, les a largement aidé à se faire connaitre davantage et à promouvoir leur dernier album : XIII. Alors bien sûr leur set va être majoritairement orienté sur ce dernier, ouvrant d'ailleurs sur Daddy's Happy. Et d'entrée on sent qu'ils ont pris en aisance, et même s'ils ouvrent sur une des scènes principales du fest, cela ne les empêchent pas de se sentir à l'aise, alors qu'il y a trois ans encore le groupe jouait sous le chapiteau de la discover stage. Trepalium c'est à la fois lourd, brutal, et jazzy. Ca groove quoi !
Devil Driver (Mainstage 01 – 15h55-16h35)
Tous metalleux qui se respecte a forcément jeté un jour ou l'autre une oreille sur la musique de Devil Driver. Pour ma part je connaissais qu'un morceau du groupe, le très bon Hold Back The Day, que nous avons bien sûr eu le droit. L'impression qui en ressort c'est que Devil Driver ça dépote autant en live que sur album. L'occasion de la venue des Américains était de promouvoir leur prochain album : Pray For Villains. Dez Fafara est un excellent frontman qui sait faire bouger son public comme il se doit. La preuve, il y a eu deux gros circles pit pendant la petite demi-heure de show, une nouvelle occasion de bouffer la poussière et d'obstruer l'objectif de l'appareil photo.
Gojira (Mainstage 01 – 20h50-21h50)
La venue du groupe phénomène français au Hellfest était absolument immanquable, que l'on soit fan du groupe ou pas. Ce soir était l'occasion de découvrir l'incroyable puissance scénique du groupe pour ceux qui n'avait encore jamais eu la chance de voir Gojira, et par ailleurs de se prendre une énorme mandale. Ayant eu l'opportunité de voir les Landais durant leur récente tournée aux côtés de Trepalium, je peux dire qu'il n'y a pas eu de réelles surprises pour ma part, la set-list étant la même. Toujours étant que j'ai pu prendre mon pied et me défouler comme il se doit. Alors bien sûr la set-list était largement orienté sur The Way of All Flesh, mais beaucoup aussi sur le gigantesque From Mars to Sirius. Les 4 français sont en grande forme depuis leur retour des States, et charrient d'ailleurs l'audience du Hellfest par rapport au public d'outre-Atlantique. Mario est toujours aussi impressionnant derrière ses fûts comme en témoigne The Art of Dying, et Jean Michel est toujours aussi énergique surtout quand vient la mosh part de Flying Whales où la basse valdingue dans tout les sens. On ne le répétera jamais assez, mais c'est sûr, Gojira est le groupe metal français par excellence à ce jour, et jouer devant un parterre de plus de 10 000 personnes ne leur fait plus peur. Attention, Gojira est vraiment décidé à tout écraser sur son passage !
Machine Head (Mainstage 01 – 22h50-23h50)
Machine Head était surement l'un des groupes que j'attendais le plus avec Gojira. Pour quelles raisons ? Parce que la baffe qu'ils m'avaient filés avec The Blackening est toujours présente, et puis j'avais vraiment pris mon pied lors du Hellfest 2007 même si le concert s'était déroulé sous la pluie et les pieds enfoncés dans la gadoue. Ce soir Machine Head était parmi les têtes d'affiche de la soirée, ce qui promettait un super show. Et sincèrement, cela à vraiment été le cas. Entrer en scène avec l'intro musicale habituelle (écouter Hellalive), le groupe enchaine directement avec Beautiful Mourning. L'accroche est cash, Machine Head va tout faire exploser ce soir. L'album Through The Ashes of Empires ne sera pas oublié et sera même à l'honneur avec un Imperium de haute volée et un absolument magnifique Descent the Shades of Night où les briquets seront de sortis et où l'audience frappera en rythme dans les mains tout du long du morceau. Machine Head nous gratifie d'un monstrueux Halo, mais maintenant que The Blackening est sorti depuis plus de deux ans, les américains sont moins axés sur ce dernier et ont décidé de varier leur set en sachant bien que leur discographie est composée de véritable hit. Alors forcément, l'album Burn My Eyes sera là pour agiter les plus anciens d'entre nous avec le toujours destructeurs Davidian où le très sautillant Old. Il est clair que ce soir Machine Head a retourné le Hellfest avec sa puissance de feu et prouve une fois de plus que c'est un groupe fait pour la scène et faire bouger les foules. Mon seul regret : c'était trop court, beaucoup trop court !
Killing Joke (Mainstage 02 – 23h55-00h55)
Ce samedi soir était l'occasion pour les plus jeunes d'entres nous de découvrir un groupe vraiment à part et malgré tout en tête d'affiche du festival. Car en réalité, Killing Joke a influencé une grande partie des groupes actuels. Les britanniques était un peu comme des OVNI ce soir, et même si le public était nombreux (en partie peut être parce Manson jouait après eux), j'ai eu l'impression que pas mal de personne n'accrochait pas. Pour ma part, j'ai plutôt était emballé par la musique de Killing Joke, en total décalage avec le reste des groupes jouant ce week-end. Le groupe a su varier les style et nous a replongé avec bonheur dans la new-wave, le rock, l'indus, et le punk des 80's. Et puis il faut avouer que le charisme du 'sieur Jaz Coleman y est pour beaucoup, littéralement hypnotisant de bout en bout. L'ensemble du concert peut se traduire de cette manière : hypnotique, envoutant, étonnant. Pour être sincère, je ne connaissais absolument pas le groupe avant ce soir, et là découverte fut vraiment surprenante et intéressante, même si ce ne fut pas le cas pour tout le monde apparemment. Cependant, beaucoup sont restés tout de même attentifs, ce qui prouve que l'ouverture d'esprit est plus que présente au sein de la communauté metal.
Marylin Manson (Mainstage 01 – 01h00-02h00)
Pour être sincère d'entrer de jeu avec vous, je ne suis pas fan mais alors pas fan du tout de Marylin Manson. Donc à la base, j'assistais au concert du groupe comme un simple spectateur ayant envie de découvrir ce que cela donne sur scène, enfin surtout pour le personnage emblématique à sa tête. Car on peut se l'avouer, Manson est quand même quelqu'un ! Après pour être direct, je me suis fait chié comme un rat mort tout du long du concert, et sans mentir j'ai failli m'endormir ! C'était peut être aussi la fatigue de la journée, mais j'avais du mal à garder les yeux ouvert pendant un moment. Parce que déjà musicalement, Manson s'est vraiment pas ma came du tout et puis le show était nul. Au-delà de l'aspect musical, qui même s'il n'est pas ma tasse de thé, on peut dire que la mise en scène est sympa, parfois grotesque, mais originale. C'est peut être ça qui m'a permis de ne pas m'endormir. Mais à part ça, j'ai pas trouvé ça terrible du tout, une médiocrité qu'a surement ressenti Manson puisqu'à un moment il s'est énervé et a balancé son matos parce que son guitariste n'arrivait pas à ressortir le riff d'un des morceaux. Pour un show qui ne devait laisser personne indifférent, c'était plutôt raté. Même si je n'attendais rien de particulier de la part des américains, je n'ai pas été emballé pour un sous par leur prestation. Le coche est manqué messieurs.
Dimanche
Hacride (Rock Hard Tent – 11h00-11h30)
Il est clair que pour moi, le dimanche commence bien. Ouvrir ce dernier jour de festivité avec les excellents Hacride était vraiment judicieux. Les ayant découvert sur scène il y a quelques années à l'époque d'Amoeba, j'attendais impatiemment de pouvoir les revoir et saisir l'opportunité de découvrir leur dernier méfait : Lazarus. L'intégralité de leur set était d'ailleurs axer sur Lazarus, une manière efficace d'en faire la promotion. La musique d'Hacride c'est à la fois de la puissance et des ambiances enivrantes, une musique qui explose et prend toute sa dimension sur scène. On ressent bien que leur musique s'est justement un peu « assagi », enfin disons qu'elle est un peu moins brutale qu'à l'époque d'Amoeba. Hacride a encore prit en maturité, a évolué et fait évoluer sa musique avec lui. Beaucoup plus atmosphérique, avec des envolés presque post-core, le dépaysement est total, le voyage magique. Même si la prestation est (trop) courte, Hacride prouve ici sa place d'étoile montante de la scène metal française, et m'aura donné l'envie de découvrir plus en détail Lazarus. Et je peux désormais dire qu'il est excellent.
White Chapel (Terrorizer Tent – 11h35-12h05)
Difficile de revenir à la réalité après la prestation délivrée par Hacride. Je décide alors d'enchainer sur un groupe qui m'est inconnu, car il y a parfois du bon dans les découvertes. Le nom du groupe, Whitechapel, fait référence au quartier londonien où a sévit le célèbre serial-killer Jack l'éventreur. Les américains évoluent dans un deathcore des plus banals. Efficace, la maitrise est là, le son adapté à la puissance du genre, le chant plus que guttural, mais bon voilà ça reste du metalcore sur laquelle il n'y a pas vraiment d'onces d'originalités. Une découverte sympa, mais pas transcendante.
Keep Of Kalessin (Rock Hard Tent – 13h40-14h20)
Ce n'était pas la première fois que je voyais les Norvégiens de Keep of Kalessin, mais malgré tout l'envie de les revoir était plus que présente. Il faut dire que leur black metal très thrash est vraiment efficace, déjà sur album, et cette efficacité prend forme sur scène. Le point que l'on retient en particulier c'est la force de frappe, la précision et la rapidité de Vyl derrière sa batterie. C'est une vrai machine de guerre ! Alors bien sûr le set est axé sur leur dernier et très bon album Kolossus, mais Armada n'est pas passé à la trappe, loin de là. Et ce pour le plus grand plaisir des fans. A la vue de la prestation des Norvégiens, il est clair que Keep of Kalessin s'est désormais fait une place au sein de la scène black metal, et une place parmi les meilleurs.
Wolves In The Throne Room (Terrorizer Tent – 14h25-15h05)
Le Hellfest est l'occasion de faire des découvertes, qui sont après plus ou moins surprenantes. C'était le cas avec les américains de Wolves In The Throne Room. Encore un nom à rallonge me direz vous. Remarquez, celui-ci va bien avec la longueur de leur morceau. Et pour dire vrai, j'ai eu du mal à rentrer dans le set des américains. Car en fait le black metal de WITTR est assez particulier, peut être même novateur. Alors que certains auditeurs peuvent justement rebuter sur les classiques parties de blast beat fidèle au genre, ceux-ci peuvent se raccrocher au set grâce aux breaks atmosphériques. On ne peux pas vraiment dire que l'on a à faire à un black metal atmosphérique ; j'oserais dire que le black metal de WITTR est justement teinté d'une certaine nappe postcore à l'écoute des superbes mélodies qui enivrent les breaks. Le public est d'ailleurs super réceptif à la musique du combo et les acclamera de la meilleure des manières, même si le groupe n'adressera aucun mot à l'audience. Que voulez-vous, c'est la sociabilité de la scène black metal.
Ufomammut (Terrorizer Tent – 15h55-16h35)
C'est avec une totale curiosité que je me rend au concert de Ufomammut, groupe Italien sludge / doom mené par 3 gars. Malheureusement pour eux le set commence avec des problèmes techniques au niveau des guitares, en particulier sur la basse qui se révèle au premier abord ultra-poussée. Après quelques minutes de rectification, le groupe reprend, vivement encouragé par le public. C'est lourd, très lourd, ça vibre dans les tripes et c'est à la fois lancinant avec cette touche psychédélique. Un mélange des style qui prend bien, le public est très réceptif et se laisse transporter sur le tapis tissé par les Italien. Celui-ci le rendra bien au groupe à la fin du set, ressortant de la tente à la fois apaisé et les oreilles bourdonnantes.
Napalm Death (Rock Hard Tent – 18h15-19h00)
C'est juste après le Happy Hours Jack Daniel's que nous nous rendons rapidement sous la Hard Rock Tent avec mon collègue Chaosbc pour assister au show de Napalm Death... avec nos 3-4 verres de Jack à la main. Forcément on arrive un peu énervé, alors que Napalm Death vient tout juste de commencer à blaster sur un morceau de son Time Waits For No Slave. Pour une personne normale qui écoute sa petite pop-music, Napalm Death n'est que du bruit. Mais dans la réalité, la musique de Napalm Death est tout autre, car en plus d'être extrême elle est technique, fait qui prend tout son sens sur scène. Les anglais sont franchement impressionnants, Barney toujours au bord de la syncope est monté sur pile électrique. L'énergie dégagée est telle que le pit est furieux, surtout quand arrive Suffer the Children. Tellement le pit bouge, je me sens dans l'obligation de ranger tout mon matos bien à l'abri dans mon sac et de faire sauter le tee-shirt à cause de la chaleur. Et on peut dire que j'ai eu le nez fin car à la fin du show je me suis fait surprendre par Chaosbc qui m'envoya slammer sans que j'ai le temps de calculer quoi que se soit. Plus qu'une déflagration sonore, Napalm Death c'est aussi une déflagration de corps qui s'entrechoquent dans le pit. Eprouvant !
Mastodon (Mainstage 02 – 20h00-20h45)
J'avouerais qu'au moment du concert de Mastodon, j'ai eu un coup de barre monumental, la fatigue de ces 3 jours de festivité commençant à peser. Alors certes j'étais impatient de pouvoir voir Mastodon, mais je planais plus que je ne suivais le show. J'ai souvent entendu dire que les américains n'avaient jamais un son terrible, et que leur prestation n'était pas vraiment exceptionnel. Bon vous me direz qu'avec un style aussi particulier, le rendu n'est peut être pas vraiment le même en live que sur album. Pour tout dire, le son n'était pas vraiment mauvais, la prestation pas vraiment mauvaise, mais par contre il est vrai que l'ensemble de la prestation n'était pas non plus exceptionnelle. Surtout que le groupe ne communique absolument pas avec le public, un point qui m'a un peu dérouté. Voila j'ai eu l'impression que le groupe est venu jouer pour défendre rapidement son dernier album (Crack the Skye), pour faire des petits rappels des albums précédents et puis c'est tout. En définitive, Mastodon en live m'a laissé perplexe, c'était sympa mais vraiment sans plus. J'espère juste que ce n'est pas la fatigue qui m'a donné cette impression là, mais en attendant moi je retourne me faire péter un petit Blood Mountain.
Brutal Truth (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)
Manowar a beau être le tête d'affiche de ce festival d'exception, franchement quand ça passe pas, ça passe pas. Du coup j'avais vraiment envie de me prendre une sérieuse déculottée, à proprement dit d'écouter un truc de mec, mais de vrai mec. Alors quoi de mieux que de clôturer le festival par les légendes du grindcore New-Yorkais ! Le coup de masse avait déjà été ultra-violent avec Napalm Death un peu plus tôt dans la soirée, et là Brutal Truth m'a mis le même en pleine face. Ces mecs maitrisent leur art totalement débridé à la perfection et sont vraiment du même niveau que leur collègues anglais. Un set d'une folie hallucinante, un son ravageur, des rythmiques d'une extrême violence, du pur grind quoi. Richard Hoak, derrière ses fûts est tout simplement impressionnant, avec ses incessantes alternances de rythmiques absolument démentielles, franchement dur de le suivre. 2h00 du matin sonnant, alors que les membres s'apprêtent à quitter la scène, Hoak est hors de lui et continue et continue de marteler sa batterie, on sent qu'il ne veut pas en rester là. Du coup ils improvisent, en cherchant rapidement les notes. L'énergie dégagée par Brutal Truth est impressionnante, Kevin Sharpe se mettant violemment le micro dans la gueule à plusieurs reprises. Voilà ce qu'on appel un show complètement barré et franchement pour clôturer le Hellfest ça fait du bien de se défouler même si la fatigue est plus que présente. Surtout qu'il a fallu se retaper plus d'une demi-heure de Manowar après.
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Photos : Hatebreed

