Live reports Hellfest (19, 20 et 21 juin 2009)

Vendredi

Down (Mainstage 01 – 20h50-21h50)

Je ne suis pas un grand expert en stoner, mais j'attendais Down au tournant, ayant découvert le groupe avec le très bon Over the Under. Je n'étais d'ailleurs pas le seul à les attendre à la vue du nombre de tee-shirts à leur effigie qui était de sortie. Et puis il faut dire aussi qu'avec à sa tête deux ex-Pantera, et en particulier un certain Phil Anselmo, l'affiche ne peut être qu'alléchante. Ayant aperçu Anselmo lors de la séance de dédicace plus tôt dans la soirée, j'ai pu m'apercevoir qu'il avait retrouvé la forme, chose qu'il nous démontra sur scène. C'est sûr, Anselmo est un putain de frontman, de plus il a retrouvé de sa voix. Même si je trouvais que le son était bizarre, les compositions accrochaient bien, les gros riffs crachés faisaient inlassablement headbanguer l'audience à l'image de The Path, puis le public reprenait en c½ur les paroles comme sur On March The Saints. Du gros son made in USA, plus précisément qui sent le sud des States, une grosse mandale comme on aime en prendre.

Entombed (Hard Rock Tent – 20h00-20h45)

Place aux pionniers du Swedish death metal! Entombed débarque pour nous assener avec son death metal crasseux et groovy. Pour dire vrai, étant donné que je ne suis pas arrivé très tôt sur le site, Entombed est le premier groupe dont j'ai pu suivre l'intégralité de leur prestation. Et on peut dire que ça fait du bien de se poser un peu face à des piliers du death metal. Et grande fut ma satisfaction lorsque les morceaux de l'album Clandestine ont fait leur apparition. Tout cela donne envie de se replonger dans leur discographie. Et ce qu'il y a d'agréable avec Entombed c'est leur bonne humeur et la communication avec le public, ce qui peut parfois étonné pour un groupe de style. Un show bien agréable.

God Seed (Hard Rock Tent – 23h55-00h55

Satan était présent en ce premier soir de festivité, avec God Seed. Ces Norvégiens ne sont autres que les ex-Gorgoroth en les personnes de Ghaal et King ov Hell, qui ayant perdu leur bataille juridique face à Infernus ont été obligés de reprendre leurs activités sous un nouveau nom. Un nouveau nom, certes, mais leur black metal reste celui de Gorgoroth, et l'ambiance aussi. A propos de l'ambiance justement, outre le fait qu'il n'y ait aucune communication avec le public, nous avons eu le droit a une mise en scène des plus grotesques comme ils ont eut pour habitude de le faire lors d'un concert après lequel la Pologne s'est indignée. Bon je n'ai pas vu de têtes de mouton ou de porc, mais en tout cas il y avait deux grandes croix où étaient crucifiés d'un côté de la scène un homme, et de l'autre une femme, tout deux ayant la tête couverte. Et je peux vous assurer que ce n'était pas de vulgaire mannequin en plastique. Bon c'était vraiment true black metal quoi ! Bref au moins l'ambiance lugubre était présente, à chacun de la prendre au degré qu'il le souhaite. Ghaal nous gâte toujours autant avec sa palette de voix d'outre tombe en fixant hypnotiquement le public. Le verdict est que God Seed c'est Gorgoroth et rien d'autre, n'en déplaise aux fans. Puis il faut dire que l'enchainement final Carving a Giant – Sign of an Open Eye – Prosperity and Beauty, tout 3 tirés de Ad Majorem Sathanas Gloriam, sans doute l'album le plus brutal du groupe, était magistral. Comme à son habitude, le groupe quitte la scène aussi rapidement qu'un blast beat, sans un rappel, jamais.

Parkway Drive (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)

N'étant décidément pas fan de Motley Crue, même si je ne démens pas leur talent et l'impact qu'ils ont pu avoir sur une grande partie d'entre nous, je décide d'aller m'essayer à un tout autre style avec lequel ça passe mieux. Arrivant au milieu de leur set, la mandale est cash. Parkway Drive joue un metalcore ultra-efficace. Alors même si on sait que ce genre de formations pousse comme de la mauvaise herbe, on peut avouer que la prestation scénique des Australiens était très énergique, avec le son qui fallait et qui donnait toute la puissance à leur metalcore. On pouvait ressentir les déflagrations de basse lors des breaks comme un souffle. Je ne suis pas convaincu que la musique de Parkway Drive rende la même chose sur album. En tout cas sur scène ça envoit sérieusement du bois, et puis surtout ça défoule. Les cervicales ont pris un coup dès le vendredi soir.

Samedi

Trepalium (Mainstage 02 – 11h00-11h30)

Deuxième jour de festivité qui s'ouvre avec les gars de Trepalium. On ne les présente plus désormais, le groupe ayant traversé la France cette année aux côtés de Gojira. Et il est clair que le fait d'ouvrir pour leurs compatriotes, les a largement aidé à se faire connaitre davantage et à promouvoir leur dernier album : XIII. Alors bien sûr leur set va être majoritairement orienté sur ce dernier, ouvrant d'ailleurs sur Daddy's Happy. Et d'entrée on sent qu'ils ont pris en aisance, et même s'ils ouvrent sur une des scènes principales du fest, cela ne les empêchent pas de se sentir à l'aise, alors qu'il y a trois ans encore le groupe jouait sous le chapiteau de la discover stage. Trepalium c'est à la fois lourd, brutal, et jazzy. Ca groove quoi !

Devil Driver (Mainstage 01 – 15h55-16h35)

Tous metalleux qui se respecte a forcément jeté un jour ou l'autre une oreille sur la musique de Devil Driver. Pour ma part je connaissais qu'un morceau du groupe, le très bon Hold Back The Day, que nous avons bien sûr eu le droit. L'impression qui en ressort c'est que Devil Driver ça dépote autant en live que sur album. L'occasion de la venue des Américains était de promouvoir leur prochain album : Pray For Villains. Dez Fafara est un excellent frontman qui sait faire bouger son public comme il se doit. La preuve, il y a eu deux gros circles pit pendant la petite demi-heure de show, une nouvelle occasion de bouffer la poussière et d'obstruer l'objectif de l'appareil photo.

Gojira (Mainstage 01 – 20h50-21h50)

La venue du groupe phénomène français au Hellfest était absolument immanquable, que l'on soit fan du groupe ou pas. Ce soir était l'occasion de découvrir l'incroyable puissance scénique du groupe pour ceux qui n'avait encore jamais eu la chance de voir Gojira, et par ailleurs de se prendre une énorme mandale. Ayant eu l'opportunité de voir les Landais durant leur récente tournée aux côtés de Trepalium, je peux dire qu'il n'y a pas eu de réelles surprises pour ma part, la set-list étant la même. Toujours étant que j'ai pu prendre mon pied et me défouler comme il se doit. Alors bien sûr la set-list était largement orienté sur The Way of All Flesh, mais beaucoup aussi sur le gigantesque From Mars to Sirius. Les 4 français sont en grande forme depuis leur retour des States, et charrient d'ailleurs l'audience du Hellfest par rapport au public d'outre-Atlantique. Mario est toujours aussi impressionnant derrière ses fûts comme en témoigne The Art of Dying, et Jean Michel est toujours aussi énergique surtout quand vient la mosh part de Flying Whales où la basse valdingue dans tout les sens. On ne le répétera jamais assez, mais c'est sûr, Gojira est le groupe metal français par excellence à ce jour, et jouer devant un parterre de plus de 10 000 personnes ne leur fait plus peur. Attention, Gojira est vraiment décidé à tout écraser sur son passage !

Machine Head (Mainstage 01 – 22h50-23h50)

Machine Head était surement l'un des groupes que j'attendais le plus avec Gojira. Pour quelles raisons ? Parce que la baffe qu'ils m'avaient filés avec The Blackening est toujours présente, et puis j'avais vraiment pris mon pied lors du Hellfest 2007 même si le concert s'était déroulé sous la pluie et les pieds enfoncés dans la gadoue. Ce soir Machine Head était parmi les têtes d'affiche de la soirée, ce qui promettait un super show. Et sincèrement, cela à vraiment été le cas. Entrer en scène avec l'intro musicale habituelle (écouter Hellalive), le groupe enchaine directement avec Beautiful Mourning. L'accroche est cash, Machine Head va tout faire exploser ce soir. L'album Through The Ashes of Empires ne sera pas oublié et sera même à l'honneur avec un Imperium de haute volée et un absolument magnifique Descent the Shades of Night où les briquets seront de sortis et où l'audience frappera en rythme dans les mains tout du long du morceau. Machine Head nous gratifie d'un monstrueux Halo, mais maintenant que The Blackening est sorti depuis plus de deux ans, les américains sont moins axés sur ce dernier et ont décidé de varier leur set en sachant bien que leur discographie est composée de véritable hit. Alors forcément, l'album Burn My Eyes sera là pour agiter les plus anciens d'entre nous avec le toujours destructeurs Davidian où le très sautillant Old. Il est clair que ce soir Machine Head a retourné le Hellfest avec sa puissance de feu et prouve une fois de plus que c'est un groupe fait pour la scène et faire bouger les foules. Mon seul regret : c'était trop court, beaucoup trop court !

Killing Joke (Mainstage 02 – 23h55-00h55)

Ce samedi soir était l'occasion pour les plus jeunes d'entres nous de découvrir un groupe vraiment à part et malgré tout en tête d'affiche du festival. Car en réalité, Killing Joke a influencé une grande partie des groupes actuels. Les britanniques était un peu comme des OVNI ce soir, et même si le public était nombreux (en partie peut être parce Manson jouait après eux), j'ai eu l'impression que pas mal de personne n'accrochait pas. Pour ma part, j'ai plutôt était emballé par la musique de Killing Joke, en total décalage avec le reste des groupes jouant ce week-end. Le groupe a su varier les style et nous a replongé avec bonheur dans la new-wave, le rock, l'indus, et le punk des 80's. Et puis il faut avouer que le charisme du 'sieur Jaz Coleman y est pour beaucoup, littéralement hypnotisant de bout en bout. L'ensemble du concert peut se traduire de cette manière : hypnotique, envoutant, étonnant. Pour être sincère, je ne connaissais absolument pas le groupe avant ce soir, et là découverte fut vraiment surprenante et intéressante, même si ce ne fut pas le cas pour tout le monde apparemment. Cependant, beaucoup sont restés tout de même attentifs, ce qui prouve que l'ouverture d'esprit est plus que présente au sein de la communauté metal.

Marylin Manson (Mainstage 01 – 01h00-02h00)

Pour être sincère d'entrer de jeu avec vous, je ne suis pas fan mais alors pas fan du tout de Marylin Manson. Donc à la base, j'assistais au concert du groupe comme un simple spectateur ayant envie de découvrir ce que cela donne sur scène, enfin surtout pour le personnage emblématique à sa tête. Car on peut se l'avouer, Manson est quand même quelqu'un ! Après pour être direct, je me suis fait chié comme un rat mort tout du long du concert, et sans mentir j'ai failli m'endormir ! C'était peut être aussi la fatigue de la journée, mais j'avais du mal à garder les yeux ouvert pendant un moment. Parce que déjà musicalement, Manson s'est vraiment pas ma came du tout et puis le show était nul. Au-delà de l'aspect musical, qui même s'il n'est pas ma tasse de thé, on peut dire que la mise en scène est sympa, parfois grotesque, mais originale. C'est peut être ça qui m'a permis de ne pas m'endormir. Mais à part ça, j'ai pas trouvé ça terrible du tout, une médiocrité qu'a surement ressenti Manson puisqu'à un moment il s'est énervé et a balancé son matos parce que son guitariste n'arrivait pas à ressortir le riff d'un des morceaux. Pour un show qui ne devait laisser personne indifférent, c'était plutôt raté. Même si je n'attendais rien de particulier de la part des américains, je n'ai pas été emballé pour un sous par leur prestation. Le coche est manqué messieurs.

Dimanche

Hacride (Rock Hard Tent – 11h00-11h30)

Il est clair que pour moi, le dimanche commence bien. Ouvrir ce dernier jour de festivité avec les excellents Hacride était vraiment judicieux. Les ayant découvert sur scène il y a quelques années à l'époque d'Amoeba, j'attendais impatiemment de pouvoir les revoir et saisir l'opportunité de découvrir leur dernier méfait : Lazarus. L'intégralité de leur set était d'ailleurs axer sur Lazarus, une manière efficace d'en faire la promotion. La musique d'Hacride c'est à la fois de la puissance et des ambiances enivrantes, une musique qui explose et prend toute sa dimension sur scène. On ressent bien que leur musique s'est justement un peu « assagi », enfin disons qu'elle est un peu moins brutale qu'à l'époque d'Amoeba. Hacride a encore prit en maturité, a évolué et fait évoluer sa musique avec lui. Beaucoup plus atmosphérique, avec des envolés presque post-core, le dépaysement est total, le voyage magique. Même si la prestation est (trop) courte, Hacride prouve ici sa place d'étoile montante de la scène metal française, et m'aura donné l'envie de découvrir plus en détail Lazarus. Et je peux désormais dire qu'il est excellent.

White Chapel (Terrorizer Tent – 11h35-12h05)

Difficile de revenir à la réalité après la prestation délivrée par Hacride. Je décide alors d'enchainer sur un groupe qui m'est inconnu, car il y a parfois du bon dans les découvertes. Le nom du groupe, Whitechapel, fait référence au quartier londonien où a sévit le célèbre serial-killer Jack l'éventreur. Les américains évoluent dans un deathcore des plus banals. Efficace, la maitrise est là, le son adapté à la puissance du genre, le chant plus que guttural, mais bon voilà ça reste du metalcore sur laquelle il n'y a pas vraiment d'onces d'originalités. Une découverte sympa, mais pas transcendante.

Keep Of Kalessin (Rock Hard Tent – 13h40-14h20)

Ce n'était pas la première fois que je voyais les Norvégiens de Keep of Kalessin, mais malgré tout l'envie de les revoir était plus que présente. Il faut dire que leur black metal très thrash est vraiment efficace, déjà sur album, et cette efficacité prend forme sur scène. Le point que l'on retient en particulier c'est la force de frappe, la précision et la rapidité de Vyl derrière sa batterie. C'est une vrai machine de guerre ! Alors bien sûr le set est axé sur leur dernier et très bon album Kolossus, mais Armada n'est pas passé à la trappe, loin de là. Et ce pour le plus grand plaisir des fans. A la vue de la prestation des Norvégiens, il est clair que Keep of Kalessin s'est désormais fait une place au sein de la scène black metal, et une place parmi les meilleurs.

Wolves In The Throne Room (Terrorizer Tent – 14h25-15h05)

Le Hellfest est l'occasion de faire des découvertes, qui sont après plus ou moins surprenantes. C'était le cas avec les américains de Wolves In The Throne Room. Encore un nom à rallonge me direz vous. Remarquez, celui-ci va bien avec la longueur de leur morceau. Et pour dire vrai, j'ai eu du mal à rentrer dans le set des américains. Car en fait le black metal de WITTR est assez particulier, peut être même novateur. Alors que certains auditeurs peuvent justement rebuter sur les classiques parties de blast beat fidèle au genre, ceux-ci peuvent se raccrocher au set grâce aux breaks atmosphériques. On ne peux pas vraiment dire que l'on a à faire à un black metal atmosphérique ; j'oserais dire que le black metal de WITTR est justement teinté d'une certaine nappe postcore à l'écoute des superbes mélodies qui enivrent les breaks. Le public est d'ailleurs super réceptif à la musique du combo et les acclamera de la meilleure des manières, même si le groupe n'adressera aucun mot à l'audience. Que voulez-vous, c'est la sociabilité de la scène black metal.

Ufomammut (Terrorizer Tent – 15h55-16h35)

C'est avec une totale curiosité que je me rend au concert de Ufomammut, groupe Italien sludge / doom mené par 3 gars. Malheureusement pour eux le set commence avec des problèmes techniques au niveau des guitares, en particulier sur la basse qui se révèle au premier abord ultra-poussée. Après quelques minutes de rectification, le groupe reprend, vivement encouragé par le public. C'est lourd, très lourd, ça vibre dans les tripes et c'est à la fois lancinant avec cette touche psychédélique. Un mélange des style qui prend bien, le public est très réceptif et se laisse transporter sur le tapis tissé par les Italien. Celui-ci le rendra bien au groupe à la fin du set, ressortant de la tente à la fois apaisé et les oreilles bourdonnantes.

Napalm Death (Rock Hard Tent – 18h15-19h00)

C'est juste après le Happy Hours Jack Daniel's que nous nous rendons rapidement sous la Hard Rock Tent avec mon collègue Chaosbc pour assister au show de Napalm Death... avec nos 3-4 verres de Jack à la main. Forcément on arrive un peu énervé, alors que Napalm Death vient tout juste de commencer à blaster sur un morceau de son Time Waits For No Slave. Pour une personne normale qui écoute sa petite pop-music, Napalm Death n'est que du bruit. Mais dans la réalité, la musique de Napalm Death est tout autre, car en plus d'être extrême elle est technique, fait qui prend tout son sens sur scène. Les anglais sont franchement impressionnants, Barney toujours au bord de la syncope est monté sur pile électrique. L'énergie dégagée est telle que le pit est furieux, surtout quand arrive Suffer the Children. Tellement le pit bouge, je me sens dans l'obligation de ranger tout mon matos bien à l'abri dans mon sac et de faire sauter le tee-shirt à cause de la chaleur. Et on peut dire que j'ai eu le nez fin car à la fin du show je me suis fait surprendre par Chaosbc qui m'envoya slammer sans que j'ai le temps de calculer quoi que se soit. Plus qu'une déflagration sonore, Napalm Death c'est aussi une déflagration de corps qui s'entrechoquent dans le pit. Eprouvant !

Mastodon (Mainstage 02 – 20h00-20h45)

J'avouerais qu'au moment du concert de Mastodon, j'ai eu un coup de barre monumental, la fatigue de ces 3 jours de festivité commençant à peser. Alors certes j'étais impatient de pouvoir voir Mastodon, mais je planais plus que je ne suivais le show. J'ai souvent entendu dire que les américains n'avaient jamais un son terrible, et que leur prestation n'était pas vraiment exceptionnel. Bon vous me direz qu'avec un style aussi particulier, le rendu n'est peut être pas vraiment le même en live que sur album. Pour tout dire, le son n'était pas vraiment mauvais, la prestation pas vraiment mauvaise, mais par contre il est vrai que l'ensemble de la prestation n'était pas non plus exceptionnelle. Surtout que le groupe ne communique absolument pas avec le public, un point qui m'a un peu dérouté. Voila j'ai eu l'impression que le groupe est venu jouer pour défendre rapidement son dernier album (Crack the Skye), pour faire des petits rappels des albums précédents et puis c'est tout. En définitive, Mastodon en live m'a laissé perplexe, c'était sympa mais vraiment sans plus. J'espère juste que ce n'est pas la fatigue qui m'a donné cette impression là, mais en attendant moi je retourne me faire péter un petit Blood Mountain.

Brutal Truth (Terrorizer Tent – 01h00-02h00)

Manowar a beau être le tête d'affiche de ce festival d'exception, franchement quand ça passe pas, ça passe pas. Du coup j'avais vraiment envie de me prendre une sérieuse déculottée, à proprement dit d'écouter un truc de mec, mais de vrai mec. Alors quoi de mieux que de clôturer le festival par les légendes du grindcore New-Yorkais ! Le coup de masse avait déjà été ultra-violent avec Napalm Death un peu plus tôt dans la soirée, et là Brutal Truth m'a mis le même en pleine face. Ces mecs maitrisent leur art totalement débridé à la perfection et sont vraiment du même niveau que leur collègues anglais. Un set d'une folie hallucinante, un son ravageur, des rythmiques d'une extrême violence, du pur grind quoi. Richard Hoak, derrière ses fûts est tout simplement impressionnant, avec ses incessantes alternances de rythmiques absolument démentielles, franchement dur de le suivre. 2h00 du matin sonnant, alors que les membres s'apprêtent à quitter la scène, Hoak est hors de lui et continue et continue de marteler sa batterie, on sent qu'il ne veut pas en rester là. Du coup ils improvisent, en cherchant rapidement les notes. L'énergie dégagée par Brutal Truth est impressionnante, Kevin Sharpe se mettant violemment le micro dans la gueule à plusieurs reprises. Voilà ce qu'on appel un show complètement barré et franchement pour clôturer le Hellfest ça fait du bien de se défouler même si la fatigue est plus que présente. Surtout qu'il a fallu se retaper plus d'une demi-heure de Manowar après.


Retrouvez ce Live Reports dans son intégralité, ainsi que ceux de mes collègues de Metal Sickness (Vin's et Chaosbc et plus de 1 600 photos sur cette page

Photos : Hatebreed
Live reports Hellfest (19, 20 et 21 juin 2009)

# Posté le lundi 03 août 2009 15:05

Suicide Silence - No Time to Bleed

Suicide Silence - No Time to Bleed
Bon, pour le deathcore, c'est simple : on aime ou on n'aime pas. Avec Suicide Silence c'est la même chose, les avis divergent. On ne peut pas, en tout cas, nier le succès que les californiens rencontrent, en partie grâce à leur premier album "The Cleansing" sorti en 2007. Pour ma part j'avais trouvé cet album plutôt bon, extrêmement cash et violent, mais beaucoup trop long et linéaire. Alors qu'en est-il de cette nouvelle galette, "No Time to Bleed" ? Ont-ils réussi à corriger les défauts de jeunesse ?

Toujours est-il que "No Time to Bleed" n'est pas beaucoup plus court que son prédécesseur, mais en tout cas la pilule passe plus facilement. Suicide Silence a fait murir sa musique, même si la ligne de conduite reste la même. Alors que "The Cleansing" envoyait des morceaux très directs en ne laissant aucun répit à l'auditeur, "No Time to Bleed" sait varier les tempos. Ce qui faisait du tord à "The Cleansing" était, son côté trop brute de décoffrage, ses blast beat incessant et ses gros plans de guitares qui sonnaient toujours un peu pareil. Même si "No Time to Bleed" commence sur des chapeaux de roues sans même une intro, les rythmiques vont s'alterner entre le thrashy, le pachydermique lorsque ça envoit les mosh part, même le mid-tempo, et forcément le blast qui viendra seulement ici s'afficher aux moments opportun de manière à relancer le rythme. Les riffs eux ne font pas que se superposer et reproduire constamment un schéma similaire. Les guitares savent être parfois stridentes ("Smoke"), mélodiques ou evils ("And Then She Bled"), ou même envoyer un petit soli ("Wake Up"). Le chant vraiment impressionnant de Mitch Lucker lui n'a pas changé, alternant entre un chant limite black et des growl ultra-profond, qui dans la démarche peut rappeler Deicide (mais pas vraiment dans la pratique). En gros, la grande différence avec "The Cleansing", c'est que l'album est beaucoup plus varié et se digère beaucoup plus facilement. Car il est clair qu'un genre comme celui-ci peut parfois rester en travers de l'estomac pour les non-initiés. L'interlude instrumentale ("Wasted") est d'ailleurs la bienvenue pour ça, et se morfond bien dans le paysage psychotique tissé par le groupe avec ses samples tirés de film d'horreur. Des samples d'ailleurs, l'album en est parsemé, placés finement. Pour ce qui est de l'ambiance, elle est toujours aussi froide, chirurgicale, sadique, industrielle, car en fait Suicide Silence c'est un peu une machine de torture.

Toujours aussi affutée, carrée, lourde, mécanique, d'une extrême violence, la musique de Suicide Silence a su évoluer positivement dans le but peut être de conquérir de nouveaux adeptes. Nous ne sommes pas non plus en possession de l'album de l'année, mais en tout cas "No Time to Bleed" saura nous faire passer de bons moments durant cet été, et aura sans conteste une durée de vie (enfin, d'écoute) un peu plus élevé que "The Cleansing". Qu'importe ce qu'en disent ses détracteurs, les américains ont ici un solide bagage qui ne reste plus qu'a faire exploser sur scène.
Wake Up ! Wake Up ! Suicide Silence débarque et on n'a pas fini d'en entendre parler.

Note : 16:20

Extrait du webzine www.metalsickness.com
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# Posté le lundi 03 août 2009 14:52

Obituary - Darkest Day

Obituary - Darkest Day
On le sait bien, cela fait plus de vingt ans que Obituary joue le même death metal. Et ce n'est pas cette année 2009 qui y changera quelque chose. Cependant on avait pu noter une once de changement en septembre 2007 avec l'album "Xecutioner's Return" et l'arrivée de Ralph Santolla (ex-Death, ex-Iced Earth, Deicide) au poste de guitariste soliste. Et même si les plans de base de la musique d'Obituary n'avaient pas bougé, la venue de Santolla et son impressionnant CV avaient apporté une petite touche de mélodie heavy et décalée pas désagréable. Et c'est pour cela qu'Obituary n'a pas changé son créneau et a gardé Santolla à son poste, mais pas que. Car en réalité Allen West a eu quelques petits déboires avec la justice courant 2007 et a aujourd'hui choisi de se consacrer d'avantage à sa famille. Donc c'est désormais une certitude, la venue de Santolla sur "Xecutioner's Return" n'était pas que temporaire.

Première approche avec ce nouveau "Darkest Day", l'artwork. Une horreur ! Mon dieu mais c'est quoi ces gouts de chiottes ! Je pense que vous serez d'accord avec moi pour proclamer la pochette de "Darkest Day" comme étant la plus moche de tous les albums d'Obituary qui compte déjà bon nombre d'artwork de plutôt mauvais goûts. Je pense même qu'elle pourrait figurer à une très bonne place dans le palmarès des pochettes d'album metal les plus laides ! Bon bref, passons mais déjà le dialogue est mal engagé, on lance quand même le son, et là déjà le premier morceau n'a rien de bien palpitant. Aïe, entre la pochette laide et un "List of Dead" pas terrible, l'accroche est mal lancée. On retrouve d'entrée de jeu les solos débridés de Santolla, qui s'ils avaient créé un agréable effet de surprise sur "Xecutioner's Return", ne le sont plus vraiment du coup. Heureusement le groove de "Blood to Give" et sa saturation crasseuse « made in Obituary » nous empêchent d'arrêter le disque. Ce morceau n'est pas sans nous rappeler "World Demise" avec ses breaks et son jeu de batterie. Du coup je me dis que rien n'est perdu et l'intro épique de "Lost" me fait même enlever mon doigt du bouton stop. Les riffs de "Outside My Head" me rappelle même agréablement l'album "The End Complete". En fait "Darkest Day" dans son ensemble, sa production et sa saturation graveleuse me rappelle un peu l'album de 1992. Le très caverneux "Your Darkest Day" signe un très bon break en ce milieu d'album et prouve ce qu'est du true death metal selon Obituary. Ce titre fera surement fureur en live et j'aurais même tendance à parier qu'il pourrait ouvrir certains concerts. Et puis pendant qu'on est sur les morceaux qui feront tabac en live, on pourrait aussi citer "Fields of Pain" sur lequel on peux apprécier le boulot de Santolla, car pour une fois ici il n'en fait pas trop.

Bon, conclusion tout de même, il est clair qu'en deux ans il n'y a pas eu de miracle, Obituary n'a toujours pas bougé d'un poil. Du coup ce "Darkest Day" n'a absolument rien de surprenant car on a à faire à un Obituary déjà entendu 15 ans auparavant, et ce n'est pas le travail de Santolla qui y fait quelque chose car l'effet de surprise engendré sur le précédent album n'est plus vraiment de rigueur. De toute façon il fallait ce l'avouer d'office qu'il n'y aurait pas de réelle surprise sur ce nouvel opus, car depuis le début Obituary se contente simplement de remettre la casserole sur le feu et de remuer la sauce. C'est leur choix, tout simplement car ils prennent plaisir a jouer ce même death metal depuis 20 ans, mais aussi pour le plaisir des fans. Car croyez-moi, ce "Darkest Day" n'a absolument rien changé, j'irai quand même headbanguer comme un malade lors de la prochaine tournée des vieux roublards de Tampa. Parce que temps qu'il y a aura du true death metal, il y aura Obituary.

Note : 12,5/20
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# Posté le jeudi 21 mai 2009 11:34

Napalm Death - Time Waits For No Slave

Putain, bientôt 30 ans que Napalm Death nous assène de son furieux grindcore politiquement engagé. En quelque sorte vaillant défenseur des droits de l'homme à sa manière, leur dernier violent coup de gueule, "Time Waits For No Slave", vient à point nommé en ces temps de crise économique mondiale. Toujours très engagés, les 4 gars de Birmingham dénoncent les rouages de cette société de consommation, où le capitalisme entraine dans son infini engrenage les innocents êtres humains que nous sommes, malheureux esclaves de ce monde. Et comme l'a dit récemment Barney Greenway : « Plus tu travailles, Plus tu gagnes, et plus l'Etat gagne ». Bizarre, ça me rappelle quelqu'un cette phrase, du moins la première partie.

Rassurez-vous, je ne suis pas là pour faire de la politique et dénoncer à tout vas, cette pseudo-crise économique (tout de même bien présente j'en suis conscient) étant en grande partie le produit marketing du monde médiatique qui nous entoure. Mais pauvres moutons que nous sommes à suivre notre guide qu'est TF1 ! Allez, mettons notre révolte de côté. Car nous sommes bel et bien là pour parler musique avant tout.

Depuis quelques années déjà, le groupe a orienté son grindcore vers une optique plus death metal. Alors forcément le tempérament du groupe ne s'est pas vraiment amenuisé. J'avouerai ne pas être spécialement die hard fan de Napalm Death, mais par contre je m'incline respectueusement devant eux pour l'ensemble de leur carrière et surtout leur toujours ultra-survoltée prestation scénique, avec une mention spéciale pour Barney bien sûr qui est véritablement impressionnant. Et ses crises d'épilepsies sont toujours de rigueur sur ce nouvel album. Son chant à la rage extrême est complètement dingue, et je me demande d'ailleurs ce qu'il prend pour ça. A mon avis il n'y a pas que du lait d'enquillé. Du coup avec un tel panel vocal, on comprend mieux pourquoi le groupe s'est tourné vers un son plus death metal. Alors du coup les cervicales sont soumisent à rudes épreuves face à ses rythmiques aux alternances thrashy, punk-hardcore et blast beat infernaux. Et tous les titres s'enchainent comme de véritables coups de genou en pleine face, dévastateurs, enragés et au mordant arrache-oreille. Et avec son morceau éponyme, les anglais nous montrent une face un peu différente de leur musique, quelque chose d'un peu catchy avec l'apparition de ch½ur que l'on retrouvera aussi sur "Fallacy Dominion". Avec ce titre Napalm Death n'invente rien mais en quelque sorte se réinvente un peu. La maitrise est là et force le respect, et nous avons fort à envier sur le plan technique à ces vieux briscards. Au bout du compte, il est difficile de retenir un titre plus qu'un autre face à la déflagration sonore que nos oreilles ont subit.

Vous l'avez compris, le temps où l'on aura le droit à un Napalm Death assagit n'est pas encore révolu. Attendez-vous de nouveau à vous prendre une avalanche de metal à l'extrême violence avec ce "Time Waits For No Slave" réellement remarquable. Cet album va s'imposer à coup sûr comme une référence du groupe. Napalm Death n'est pas encore mort et le prouve, militant contre ce monde moderne dans lequel nous vivons et rabaissant encore un peu plus les hommes qui nous dirigent. En gros avec une telle offrande, c'est ce que j'appelle une année qui commence fort. Le groupe étant plutôt productif, attendons 2 à 3 ans pour que la rage de Napalm Death ne sévisse encore. Pauvres esclaves que nous sommes, prisonniers enchainés de ce monde moderne, révoltons-nous et prêchons la sainte parole délivrée pas Napalm Death.
When Birmingham burn, the world burn...

Tracklist :

01 - Strong Arm
02 - Diktat
03 - Work to Rule
04 - On the Brink of Extinction
05 - Time Waits for No Slave
06 - Life and Limb
07 - Downbeat Clique
08 - Fallacy Dominion
09 - Passive Tense
10 - Larency of the Heart
11 - Procrastination
12 - Feeling Redundant
13 - A No-Sided Argument
14 - Ad Nauseum

# Posté le samedi 14 février 2009 09:49

Architects - Hollow Crown

On avait eu le droit, il y a quelques mois, à une chronique de la dernière offrande d'Architects de la part de Denver. "Ruin", second album de ces (très) jeunes anglais ne m'avait d'ailleurs pas particulièrement emballé à l'époque. Evoluant dans un metalcore des plus banals, Architects est né en 2004 du côté de Brighton, et est depuis 2 ans un petit poulain de l'écurie Century Media. Comme vous avez pu le remarquer, depuis un moment de temps les formations de metalcore fleurissent en nombre, parfois même un peu comme de la mauvaise herbe. Soucieux de répondre à la demande accrue de ce genre de style, Century Media place actuellement énormément de billes dans cette niche, et en pari d'ailleurs quelques-unes supplémentaires sur Architects. Business oblige...

Je m'étais arrêté sur Architects avec une douteuse impression de déjà entendu et donc une originalité largement discutable. J'ai surtout été rebuté à l'époque par l'aspect assez linéaire de cette avalanche de gros son qui défouraille grave (même trop) et un enchainement de morceaux aux plans quasi-similaires. Je n'étais donc guère enchanté de devoir me repencher sur leur dernier méfait et ai appréhendé "Hollow Crown" à reculons.
Et ce que l'on nous communique à travers l'apprentissage de la vie, comme ne jamais avoir d'aprioris, fini toujours par ressortir et nous être prouvé. Mes préjugés à l'égard d'Architects laissés par un précédent album plutôt moyen, ont bien faillis me faire passer à côté d'un bon album de leur part.

Dès le début de "Hollow Crown", on s'aperçoit que le jeune groupe n'a pas encore tout à fait digéré toutes ses influences, même si sa propre identité commence à se forger (un point tout de même relatif vu comment le style tourne en rond). Le début de "Early Grave" ainsi que celui de "Dead March" avec sa basse clinquante fait immédiatement penser à Meshuggah. Et même si le groupe n'a pas vraiment ralenti le tempo, les compositions s'enchainent de manière beaucoup plus fluide. Ceci étant dû à l'apport d'un chant clair dans une lignée emocore beaucoup plus présent, (forcément dans l'air du temps et associé au style) qui allège l'ambiance, accompagné par des guitares qui vont venir embellir cette atmosphère. "In Elegance" et "Every Last Breath" en sont surement les plus belles preuves. Mais rassurez-vous, le côté rentre dedans n'est pas exclu, et les grosses mosh parts hardcore sont évidemment de la partie à l'image de la fin de "One Of These Days" et "Early Grave" ; ou des ch½urs présent sur pratiquement chaque morceau.
La maitrise est présente, et on ne pourra que leur félicité en vu de leurs jeunes âges, certains effets ne seront d'ailleurs pas sans nous rappeler nos français de Gojira.

En définitif, "Hollow Crown" se digèrera beaucoup plus facilement que leur précédent album, "Ruin". Ce bénéfice étant dû à un album plus varié, abordé avec un peu plus de tact et de délicatesse, un ressenti largement visible sur le titre éponyme qui clôture joliment l'album. L'ensemble est plutôt homogène et ce laissera sans nulle doute écouter plus d'une fois. "Hollow Crown" saura conquérir un public plus large que celui de son prédécesseur il y a 2 ans, et surtout un public encore un peu plus jeune.

Tracklist :

01 - Early Grave
02 - Dethroned
03 - Numbers Count for Nothing
04 - Follow the Water
05 - In Elegance
06 - Were All Alone
07 - Borrowed Time
08 - Every Last Breath
09 - One of These Days
10 - Dead March
11 - Left With a Last Minute
12 - Hollow Crown

Note : 14.5/20
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# Posté le samedi 14 février 2009 09:41